Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Livre

  • Après lecture du Timur Vermes : " Il est de retour "

    il-est-de-retour_modifié-1.jpg

     

    15 jours, pile ! pour lire 390 pages et quelques lignes …

    Cela fait plus que donner un faible aperçu de l'intérêt que j'ai puisé à cette lecture. Je me suis néanmoins acharnée. Parfois le hasard fait bien les choses et il m'est arrivé de découvrir un auteur au fil de mes pérégrinations parmi les travées de la FNAC.

    Là, le livre était bien en évidence, on pouvait difficilement passer à côté sans le remarquer. Par curiosité, j'ai donc fait main basse sur l'objet en question. Un livre de poche de plus ou de moins dans ma bibliothèque n'écroulera pas cette dernière bien qu'hyper-chargée !

    Que vous soyez ou non passionnés d'Histoire (ne pas oublier le grand H) il est difficile à moins d'avoir l'esprit complètement obtus, de ne s'être jamais posé de questions concernant cet autrichien qui s'est tout à la fois pris pour Alexandre et pour Napoléon.

    Très curieusement, les questions que je me suis posées au sujet de ce personnage correspondent aux circonstances de sa mort telle qu'elle nous fut décrite. J'ai toujours trouvé étrange (illogique même) ce désir de mariage juste avant le suicide. En revanche, (simple hypothèse) si les services secrets américains ou russes à la suite de sombres accords avaient décidé d'extrader discrètement le couple en direction de l'Amérique du Sud où se réfugièrent beaucoup de nazis, tout pouvait s'expliquer, mieux devenait logique.

    En effet, deux corps calcinés ont été retrouvés nous dit-on, à 5 ou 6 mètres du bunker mais rien ne prouve que c'était effectivement ceux d'Hitler et de Eva Braun. Les restes ont disparu et les historiens s'interrogent toujours à ce sujet.

    Timur Vermes issu d'une mère allemande et d'un père juif hongrois s'est permis d'imaginer en ironisant bien sûr, que celui qui avait fait trembler le monde revenait et pour se mettre à l'abri des conséquences refaisait vivre l'homme âgé de plus de 120 ans mais ayant incroyablement conservé son apparence physique de 1945. L'auteur échappait ainsi à toute polémique puisqu'on ne pouvait y croire !

    N'importe, la démarche lui permet d'établir un terrible constat de la société actuelle et sert de prétexte à " en balancer de bien bonnes " ! Car comment réagirait Hitler s'il voyait ce que l'Allemagne et le monde sont devenus ? Pour ma part, je trouve la question pour le moins oiseuse puisque nous payons toujours la conséquence de ses actes  Ce qui était possible dans les années 30, l'expérience aidant, ne l'est plus maintenant. Or nous aimons jouer à nous faire peur, c'est même devenu un sport international.

    Disons le tout net : j'ai trouvé ce livre superfétatoire et ennuyeux au possible. Maintenant si malgré tout, le coeur vous en dit : libre à vous. Pour ma part, j'ai tenu le coup jusqu'à la dernière page (sans tricher) en me disant que peut-être, le personnage s'était échappé d'un asile psychiatrique et qu'on allait l'apprendre en toute fin et bien non, c'est en réalité une fin ouverte qui nous était réservée. Ce qui à mon sens, compromet du même coup le bien fondé du livre en question.

    Edité chez Belfond, collection 10-18 

    Coût : 8,10€

     

    S. @

    Maintenant c'est Bilderberg qui fait danser le globe !

  • Le crépuscule des dieux de la steppe d'Ismaïl Kadaré

     

    Ismaïl-Kadare.jpg

     Musique et littérature n'ont pas de frontières ; ceci étant dit, il convient de préserver à chacune sa spécificité, l'enrichissement culturel n'étant que la conséquence de la multiplicité des modes d'expression. 

    Avec ce mondialisme galopant, c'est la démarche inverse qui nous est imposée puisque le nivellement semble être le but recherché. On ne gagne rien à couper les têtes qui dépassent et encore moins à effectuer un nivellement par la base.

    Pour justifier ce crime - car à mes yeux, cela en est un - on désintéresse la jeunesse de ses racines afin de lui imposer un mode d'expression commun à tous. On commence par rejeter et ensuite, on impose. ( " ON est un … " c'est bien mon avis)

    Tous les systèmes totalitaires ont agi de la sorte or ce qui se met en place n'est-il pas le Gouvernement Mondial ? ( je n'exagère rien, regardez ce qui se passe ! ... )

    Je connais certaines personnes qui ne lisent jamais les écrits émanant d'auteurs étrangers sous le fallacieux prétexte que les traductions sont rarement bonnes. Or,comment accepter l'autre si on ne cherche pas d'abord à le comprendre ? Pour cela, encore faudrait-il lui laisser le loisir de s'exprimer en venant jusqu'à nous.

    Les autodidactes connaissent bien ces chemins de traverse qui d'un livre, mène à un autre, d'un pays à celui qui est réputé être antagoniste et ce, de curiosité en curiosité.

    L'Albanie, je n'y ai jamais mis les pieds et sans doute ne le ferai-je pas ( en cette existence du moins ) en revanche, les troubles survenus au Kosovo sont encore en mémoire de ceux qui ne font pas profession d'amnésie. C'est tellement commode parfois ! …

    Ce livre fut écrit bien avant l'éclatement de la Yougoslavie. La Russie se nommait encore Union Soviétique … A Moscou, des étudiants venus de tous horizons occupaient l'Institut Gorki, sorte de Tour de Babel, où le summum des divertissements semblait ponctuellement se résumer en une formidable beuverie, à l'issue de laquelle tout le monde était malade et racontait n'importe quoi, ce qui n'était pas sans danger ... 

    Un jeune étudiant albanais amoureux d'une étudiante russe va, à l'issue d'un délire éthylique céder la dame de ses voeux ( Lida Snieguina ) à un camarade d'étude, ( Stulpanz ) comme s'il s'agissait d'une vulgaire marchandise, le chargeant de faire croire à cette dernière qu'il est mort à la suite d'un accident d'avion. Seule une graine d'écrivain peut imaginer une chose pareille ! Ensuite … mais je me garderai bien de tout vous raconter.

    Une légende balkanique est la cause indirecte de tout cela. Preuve que nos racines dictent bien nos comportements. J'avoue avoir eu quelque peine ( au début ) à me glisser dans cette histoire - ô combien atypique à notre entendement - mais suis peu à peu, tombée sous le charme de ce récit dont la fin n'est peut-être qu'imaginaire ? … 

    Le livre comporte à peine 218 pages. De quoi occuper ( pourquoi pas ) le week-end à venir, bien au chaud, à l'abri du froid et de la pluie.

    S. @

     

    Hier soir, j'ai regardé avec indignation France 5 " Les Grandes Questions " à 21h40 - et supporté tant bien que mal les prévisions faussement calmes mais en réalité apocalyptiques du sieur Attali lequel se prend pour Tirésias ...

    Sans doute reviendrai-je quelque jour sur le sujet. En attendant, pour alléger le propos, ...

     

     

     

  • Fouché de Stefan Zweig

    Fouché-Zweig.jpg

     

    J'avoue ne pas très bien comprendre l'attirance admirative qui amena Stefan Zweig à écrire cette biographie de Fouché. Autant il était salutaire qu'il réhabilitât la mémoire de Marie Antoinette, que l' Histoire n'avait pas épargnée, autant cette fois, je peine à le suivre …

    Car enfin, Joseph Fouché n'était qu'un arriviste professionnel, un être qui se situait pour employer une expression vulgaire mais ô combien parlante :  " toujours du côté du manche " - 

    Celui qui - avec beaucoup d'autres - vota la mort de Louis XVI finira par prononcer son huitième (!) serment de fidélité à Louis XVIII, frère de celui qu'il avait condamné, troquant cette nouvelle promesse pas plus valable que les précédentes, contre un ministère. Ce sera il est vrai, son dernier " exploit " qu'il paiera ensuite d'un exil définitif.

    Ayant fait son éducation sur les bancs de l'école des Oratoriens, en cette époque tourmentée, il choisira très vite la politique et passera sans le moindre état d'âme d'un camp à l'autre, au fil de ses intérêts, lui qui déclarait (je cite) " le superflu est une violation évidente et gratuite des droits du peuple."  

    Après avoir un temps été centriste, ce révolutionnaire de circonstance, ce provisoire communiste deviendra duc d'Otrante et sera riche à millions. 

    Après avoir pillé les églises - au profit de la République, il est vrai - mais également pour la réputation qu'il se forgeait ainsi … il finira ses jours à Trieste agenouillé " devant les ridicules emblèmes de la superstition. "

    Mais n'anticipons pas.

    Une fois veuf et passé au camp des royalistes, il se fera offrir par le roi une comtesse de Castellane et Louis XVIII deviendra le honteux témoin de mariage du meurtrier de son frère …

    Avant cela, il y eut ses rapports pour le moins épiques avec Bonaparte devenu Napoléon, lequel ne le ménageait pas mais dont il ne fut pas pour autant vainqueur tant la duplicité de son Ministre de la Police était grande … Les deux hommes ont cependant un point commun, leur formidable capacité de travail, ils se haïssent mais ne peuvent se passer longtemps l'un de l'autre et s'empêcher de ressentir une inavouée mais réciproque admiration.

    Un autre personnage complexe se glissera entre eux, Tayllerand que tous deux méprisent : trio infernal qui fit cependant la puissance de l'Empire.

    La vie de Joseph Fouché fut donc une suite ininterrompue de trahisons et quelque soit l'oeuvre accomplie, justifier un tel individu, même si l'exercice d'écriture est brillant, non - décidément, sachant tout ce que nous savons, .. je peine à comprendre. L'homme ne fut pas admirable, il fut simplement utile mais à quel prix ! 

    S. @

     

    Editions Grasset, Le Livre de Poche n° 14796 - Prix : 6,30€ -

    Traduit de l'allemand par Alzir Bella et Olivier Bournac